Opéra Garnier
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L’Opéra Garnier, siège des académies de musique, de chorégraphie et de poésie lyrique, est bien plus qu’un simple opéra.
Sa construction fut décidée suite à un événement tragique : la tentative d’assassinat de l’empereur Napoléon III en 1858. Ce dernier, se rendant à l’Opéra de la rue Lepelletier, fut victime d’un attentat perpétré par un républicain italien déçu par les promesses non tenues de Napoléon III. Bien que le couple impérial ait survécu, il en fut profondément marqué.
L’empereur considéra que l’accès trop étroit de l’Opéra de la rue Lepelletier, situé dans une rue trop étroite, avait facilité le drame. Il jugea également cet opéra indigne d’une ville comme Paris et exprima le souhait que la ville se dote d’un véritable opéra capable de rivaliser avec celui de Vienne. La décision fut donc prise de construire un Opéra, et c’est l’architecte Charles Garnier qui remporta le concours. Le Baron Haussmann et Napoléon III firent notamment percer l’avenue de l’Opéra afin que l’empereur puisse se rendre à l’opéra en toute sécurité.
Les travaux commencèrent en 1861.
L’Opéra sera finalement achevé en 1875 après de nombreux rebondissements. En effet, la parcelle choisie par Haussmann et l’empereur est un terrain exigu et gorgé d’eau en raison d’une nappe phréatique relativement haute, ce qui rend peu propice la création de fondations solides pour un tel bâtiment. Il sera donc décidé d’inonder le sous-sol de l’Opéra pour contenir les fondations. C’est ce qu’on appelle toujours aujourd’hui la piscine de l’Opéra, qui pouvait servir de réservoir pour les pompiers en cas de sinistre et entretenait la légende d’un lac sous l’Opéra, largement exploitée dans le roman du Fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux.
Enfin, la défaite de 1870 et le départ en exil de l’empereur en Angleterre stoppent net la poursuite des travaux. La Troisième République est quelque peu embarrassée quant au fait d’avoir à achever le caprice d’un empereur en fuite, et la construction est donc abandonnée.
C’est seulement l’incendie qui ravage la salle de l’Opéra de la rue Lepelletier en 1873, laissant la ville sans véritable Opéra, qui forcera le gouvernement à faire achever les travaux.
48.87173, 2.33169