Les Grands Magasins
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Les grands magasins, apparus au cours de la seconde moitié du XIXe siècle (vers 1850), représentent une nouvelle forme de commerce. Ils offrent aux femmes bourgeoises, dont la vie sociale se limite alors aux fêtes familiales et à quelques sorties au théâtre, un espace de liberté inédit.
Le développement des structures métalliques dans les constructions joue un rôle crucial dans la création de ces vastes espaces commerciaux. La métamorphose de Paris, voulue par Napoléon III et mise en œuvre par le préfet Haussmann, contribue également à leur émergence.
Les grands magasins accompagnent l’essor des classes bourgeoises et de leur pouvoir d’achat. Contrairement aux échoppes de l’époque, qui pratiquent des prix variables selon la négociation (« à la tête du client »), les grands magasins instaurent des prix fixes. Cette pratique met fin au marchandage et favorise la baisse des prix.
Par ailleurs, la révolution industrielle contribue à cette tendance de baisse des prix grâce à la mécanisation et à la production en série, notamment dans l’industrie textile. Cela permet de proposer une offre plus abondante et diversifiée, accélérant le cycle de la mode qui se démocratise. La logistique est également facilitée par le développement du chemin de fer.
Le Bon Marché, premier grand magasin de Paris, a ouvert ses portes dans le 7e arrondissement en 1852. Le Printemps Haussmann a suivi en 1862, puis La Samaritaine en 1865 et les Galeries Lafayette en 1896.
Gustave Eiffel a participé à la construction du Bon Marché, qui a également inspiré la culture populaire. Emile Zola, dans son livre “Au Bonheur des Dames” publié en 1883, n’hésitera pas à qualifier les grands magasins de “cathédrales du commerce”.
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